Tous pour le Jah

Samsklejah, animateur radio et musicien engagé burkinabé, menacé de mort !

 

Ca suffit !

Voilà le message

Date : Wed, 18 Apr 2007 19:17:19 +0200 
De : "Feu tire" < Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Objet : Tu seras abatu
À : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Juste pour t’inviter à arreter des betises à la radio Ouaga FM.Il faut que tu saches que tu seras abbatu très bientot et il n’y aura rien.
Nous avons tué Thomes Sankara,il n’ ya rien eu,nous avons abbatu Norbert Zongo,il n’ y a rien eu.
Toi aussi ton tour n’es pas assez loin.Quand tu passes vers le chemin,il faut déjà regarder les cimetières.
Il faut que tu saches que le président Compaoré est une bénédiction divine.Au lieu de crtitiquer ses initiatives de developpement,il faut plutot apporter une touche à l’édification de notre pays.
La balle qui partira vers toi ne portera que le message de la mort.
Et pour ne pas anticiper ta mort,il ne faut pas parler de ce mail sur les ondes de ouaga Fm et aussi dans la presse.
On te suit de pres.
Tout ça,ca va finir.
J’avertis toujours les gens avant de les engager.
A très bientôt.

 

Suite à ce message de làche, nous vous appelons donc à manifester votre solidarité en laissant des messages sur son forum à l’adresse sur le site. Toujours sur se site vous pouvez écouter les chansons de son dernier album intitulé "Une bougie pour Thomas Sankara". Vous pouvez aussi réagir au présent article du journaliste burkinabé IssakaTraoré.

Vous pouvez aussi écrire à l’adresse  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  pour signifier aux auteurs du message de ne pas toucher un cheveu de Samsklejah sous peine de réactions incontrôlables.

Les vieux démons refont surface : Menaces de Mort contre Samska le Jah  !

A peine le Filep, a fermé ses portes, que les vieux démons du « si tu fais on te fait, et il n’y aura rien » refont surface. Visiblement « firefaso » qui signifie « mets le feu au faso » ou « allumer le faso » ou encore « tirer sur le faso », en veut au Jah pour son discours sur les ondes de la radio privée Ouaga FM. Seulement, il/elle oublie que la liberté d’expression et d’opinion sont reconnus dans toutes les constitutions du monde. Mieux dans l’Afrique des empereurs et des rois, il y avait les griots, les contes et les chansons populaires pour décrire les travers du roi ou de l’empereur afin que ce dernier se ressaisisse. Ce que Samska le Jah fait dans son émission radio évolue dans la même logique. L’émission en question est une émission de musique reggae et de rastafaris. On dénote au moins trois tendances chez les rastas : les religieux, les culturels, les politiques (très engagés et contre toute forme d’oppression) Samska s’inscrit dans cette tendance Rasta. Il arrive qu’un Rasta soit engagé dans toutes les trois tendances, une ou deux tendances. Le dénominateur commun des rasta est qu’ils sont tous contre l’injustice et l’oppression, d’où qu’elles viennent et peu importe l’identité de l’oppresseur ou sa fonction.

Mais l’auteur de ce mail nous en apprend plus, il (nous préférons le « il »), pour la simple raison, que l’auteur mentionne « Nous avons tué Thomes Sankara, il n’y a rien eu, nous avons abbatu Norbert Zongo, il n’y a rien eu ». Si pour Norbert Zongo le sujet fâche au plus haut lieu, pour Sankara on sait qu’il n’y avait pas de femmes dans l’équipe assassine qui a fauché l’espoir de tout un continent. Donc l’auteur de cet écrit est forcément un homme et mieux un militaire du conseil, puisque ce sont les militaires du conseil qui ont abattus Sankara. Le plus intéressant l’auteur affirme que ce sont les mêmes personnes qui ont tué SANKARA qui ont également tué Norbert Zongo. Ainsi, il y aura encore des juges, des avocats et toute la panoplie de diplômés pour défendre l’indéfendable.

Leur prochain projet macabre sera Samska le Jah, comme il le dit : « Toi aussi ton tour n’est pas assez loin …. »

Monsieur X le « brûleur du Faso », le « tireur du Faso », si le Président Compaoré comme vous le dites, « est une bénédiction divine » avec des « initiatives de développement », pourquoi vous voulez abattre Samska le Jah. Un grand « développeur » comme Blaise Compaoré n’a pas besoin de boucaner un animateur radio, surtout que la portée de la radio ne va pas au-delà des 100 km</ST1&NBSP;:METRICCONVERTER> à la ronde de Ouagadougou. Autrement dit si son émission vous dérange, c’est qu’il y a du vrai dans ce qu’il dit, et donc vos propres propos qui qualifient Blaise Compaoré « de Bénédiction divine » ayant des « initiatives de développement » sont totalement faux et flatteurs, mais comme le disais La Fontaine : « tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute. »

Ce que Samska fait on appelle cela des critiques constructives, de la conscientisation. Ce qui vous dérange et certainement vos maîtres, parce que ce sont les mêmes raisons qui ont valu à Norbert Zongo son assassinat.

Il faudra dans ce cas envoyer plusieurs balles et non une seule balle, car des Samska il y en a des milliers qui suivent son émission et qui partagent les mêmes idées et les points de vue de Samska. Comme il en a été de Norbert Zongo et de Thomas Sankara, qui sans argent ont pu semer de la bonne graine dans la conscience des Burkinabè, et qui resteront éternellement des exemples à suivre. Votre « Bénédiction divine » n’a que des « manges mil » autour de lui, les évènements de décembre 2006 ont montré l’engagement des uns et des autres à ses côtés. Il s’en est fallu de peu pour qu’on retrouve certains hors de nos frontières.

Vous devrez vous faire à l’idée qu’on ne tue pas les idées, on ne les emprisonne pas. On combat des idées par les idées et non par des balles. Combien de personnes allez vous continuer à tuer dans ce pays, pour quelle raison et au nom de quoi ? Le pouvoir intouchable de Blaise Compaoré !!! Vous donnez raison à nous autres qui n’avons jamais été d’accord avec le simulacre de la journée nationale du pardon. On pardonne des personnes qui reconnaissent leurs fautes et s’engagent à ne plus récidiver. Dans votre cas faute d’avoir reconnu vos fautes, et purgés les peines qui conviennent, la récidive vous manque puisqu’ayant bénéficié d’ « un pardon hypocrite ». Et toutes les excuses sont bonnes, pour recommencer notamment l’émission de Samska le Jah sur Ouaga FM.

En vérité ce qui est plus frustrant pour les princes du moment et les sbires que vous êtes, c’est le fait que Samska a fait de la mémoire de Thomas Sankara son cheval de bataille. Un devoir de mémoire pour l’histoire afin que les jeunes qui n’ont jamais connu le « PF », le capitaine Thomas Sankara puisse savoir qui il a été et ce qu’il a fait pour ce pays, ce continent et toute l’humanité. Naturellement cela ne pouvait plaire aux rectificateurs en cravate, qui hier accusait Thomas Sankara de déviation droitière, de renégat. Vingt ans après, on sait qui a dévié, qui est le « renégat », et qui défendait réellement l’honneur, la dignité du Burkinabè et de l’Africain en général.

Monsieur « firefaso », il y a une éthique chez les militaires, c’est le sens de l’honneur, vous ne l’avez pas, vu que vous écrivez à Samska dont vous connaissez l’adresse électronique, de façon anonyme. De façon lâche comme vous l’avez fait avec Thomas Sankara et Norbert Zongo, vous voulez le faire avec Samska le Jah. Cette fois ci vous n’y parviendrez pas, autant vous surveillez Samska autant le peuple Burkinabè le surveille ainsi que tous les chanteurs engagés comme Smockey, et tous les autres défenseurs des droits et des libertés des Burkinabè. Sachant qu’il ne peut compter ni sur les forces de sécurité, ni sur la justice, le peuple veille au grain. Ne vous méprenez pas, la réaction du peuple pourra venir d’où vous ne l’attendez pas dès qu’une seul personne, un seul citoyen sera brutalisé ou mis à risque à travers une atteinte à son intégrité physique, une atteinte à sa vie pour son opinion. Etre militaire c’est défendre la patrie contre un envahisseur étranger, protéger l’intégrité territoriale du pays, et non utilisé les armes et munitions achetés avec l’argent du contribuable pour abattre des citoyens.

Nous ne doutons pas un seul instant que vous avez l’habitude de prévenir avant d’ « engager » comme vous le dîtes, Norbert avait parlé de sa mort dans son dernier indépendant, Sankara savait qu’il allait être assassiné, tous les deux ils savaient qui étaient les commanditaires de leur assassinat. Samska à travers votre email sait dorénavant qui seront les exécutants de l’ordre, ainsi que les personnes probablement qui ont donné ou vont donner cet ordre. Surtout que certains nous épargnent de crise de palu ou de voyage à l’étranger, cette pilule ne passera plus.

Il en est de même pour ces diplômés, ces prélats, ces Imams et autres chefs traditionnels, qui viendront parler de la légendaire notion de stabilité et de paix de notre cher pays. Une paix asymétrique, avec d’un côté ceux qui ont le droit de vie ou de mort sur tout ce qui bouge au Faso. Ceux là qui à travers leur richesse insultante et exhibée violente les esprits des pauvres : c’est une violence que de se pavaner avec toutes ces richesses devant ceux qui cherchent difficilement à manger, dormir, se soigner et éduquer leurs enfants. Les pauvres le sont justement parce les premiers s’accaparent de tout, le règne du « touk-guili ».Oui de l’autre côté de cette paix asymétrique, vous avez le plus grand nombre, les laissés pour compte, ceux pour qui Samska le Jah parle chaque vendredi et dimanche au cours de son émission. Il est la voix des sans voix, monsieur « firefaso », envoyer votre balle meurtrière sur la voix des sans voix, et vous mettrez vos patrons dans de sérieuses difficultés.

Pour notre part, nous invitons tous les Burkinabè, les Africains épris de justice, d’honneur, de dignité partout où qu’ils se trouvent de manifester leur soutien à ce jeune artiste engagé, qui à cause de son engagement, une évacuation sanitaire lui a été refusé. Toujours à cause du même engagement, on lui promet une mort certaine et douloureuse, sous le prétexte qu’il donne son opinion sur Blaise Compaoré la « Bénédiction divine » du Burkina Faso. Drôle de bénédiction divine, car selon le classement du PNUD, on est trop loin des pays où il fait bon vivre, on est régulièrement 174, 175 et que sais je encore. Où sont donc toutes les « initiatives de développement » et leurs résultats de Blaise Compaoré, pour lequel monsieur « firefaso » veut abattre Samska le Jah ?

Issaka Herman Traoré 
Activiste
Journaliste indépendant
www.defensedigniteafricaine.org
Tel (+226)76613655